NOTRE-VIE Mai 2007   Pages 1, 2 & 4
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        Le 1er novembre approche. On pense chrysanthèmes, nettoyage de la ou des tombes familiales, visites à prévoir dans divers cimetières. Il est vrai que ces déplacements sont possibles du fait que notre société laïque et républicaine accorde un jour "férié" ce jour-là (et quelques autres, comme la Nativité et l'Ascension de Jésus, l'Assomption de la Vierge…) à tous les français. Et, quelle que soit leur croyance ou leur incroyance, ils ne les boudent pas...

TOUS . . . SAINTS !

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        Faut-il le rappeler, la Toussaint n'est pas un jour triste où l'on honore ses morts, dans les cimetières. C'est un jour de fête ("férié"), un jour de joie où l’on célèbre la puissance de Dieu qui se manifeste dans la vie d’hommes et de femmes ! C'est le jour où on souhaite "Bonne Fête!" à tous les "Vivants", ceux et celles qui vivent près de Dieu, "Tous-les-Saints" , grands ou petits, qu'ils nous aient quittés - célèbres ou inconnus, canonisés ou non - ou qu'ils soient encore, très discrètement, parmi nous. Peut-être un voisin, un parent, vous-même, qui sait ? En tout cas nous sommes tous appelés à en faire partie, notamment par le respect, la droiture, l'attention, la générosité, l'amour, que nous pouvons témoigner à ceux qui nous entourent : nous sommes conviés à être Tous Saints!
        Il est bien naturel que l'Eglise, dans l'espérance que ceux qui nous ont quittés soient un jour admis à vivre dans la joie auprès de Dieu, ait institué, aussitôt après la Toussaint, le "Jour de Commémoration de tous les fidèles défunts" .
        La coutume est donc de fleurir leurs tombes ce jour-là. Dans certains pays les familles se réunissent pour faire un repas sur la tombe même de leurs disparus. Au Guatemala, on lance des cerfs-volants, parfois gigantesques, afin d'établir un lien avec "les anciens", et pour permettre à ceux dont l'âme n'a pas encore pu quitter la terre de monter jusqu'au ciel.
        Dans certaines régions de France on fleurit également les tombes le dimanche précédant la fête de la Résurrection du Christ, le jour des Rameaux, comme pour dire : "Préparez-vous, Il va bientôt venir vous chercher, et vous aussi vous ne serez plus dans la mort, mais en pleine Vie !"
        Non, la Toussaint n'est pas un triste jour d'automne, c'est un jour de fête, et le lendemain un jour d'espérance.
 

Bernard Maréchal

         

Au 5° siècle la fête de Tous les Saints et Martyrs était célébrée non pas à l'automne, mais au printemps, le dimanche après la Pentecôte. En 610 elle fut fixée au 13 mai. Le pape Grégoire III, au 8° siècle, la déplaça au 1° novembre.

Le jour de prière pour les fidèles défunts, le 2 novembre, n'a été officialisé qu'au 11° siècle.

 

 

           II y a peu de temps encore, sous une forme humoristique, cette petite  phrase  « nous n'avons pas la même culture » soulignait la préférence d'un monsieur un peu snob pour une marque de rillettes. On était loin du ministère de la culture, des beaux arts et de son cortège de châteaux .

La culture, on le dit maintenant, c'est tout ce qui nous entoure, nous fait vivre, donne goût et sens à notre existence. Dans la vie de tous les jours les différences de culture ne s'affichent pas aussi vivement.  Cela ne les empêche pas d'exister. Elles peuvent se manifester dans des domaines très variés : la cuisine, la manière de parler, nos lectures ou la musique qu'on écoute, la vie de l'entreprise tout comme les sports que l'on aime. Les différences de culture peuvent être amusantes, agaçantes, insupportables. Elles sont parfois sources de conflits plus ou moins dramatiques.
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De la culture au
« motu proprio »


Culture et liturgie

          On pourrait faire usage de cette réflexion à propos du « motu proprio » du Pape Benoît XVI sur l'usage du Missel de 1962 dont on parle plus souvent sous l'expression  « Messe de Saint Pie V »?

De quoi s'agit-il ?

          Le 7 juillet dernier le pape Benoît XVI publiait une lettre apostolique en forme de « Motu proprio » (c'est à dire de sa propre initiative) fixant des dispositions applicables à toute l'Église de rite latin concernant les possibilités d'usage du Missel Romain antérieur à celui de 1970, issu de la volonté du Concile Vatican II.

          Pour beaucoup cela n'évoque strictement rien. Pour d'autres l'annonce de cette lettre avait déjà provoqué un remue-ménage. Pourquoi tant d'indifférence, tant d'inquiétudes ou tant de joies ?

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Un domaine ultra sensible

          Parce qu'on touche à un domaine ultra-sensible de la vie de certains : celui de la liturgie.
          La façon dont une communauté s'adresse à Dieu, c'est ça la liturgie, est un élément fort de la culture de cette communauté. Il suffit de circuler un peu dans le monde pour s'en rendre compte. Si on touche à sa liturgie on touche à ce qui la fait vivre. L'église en a toujours eu une très vive intuition. C'est pourquoi elle a veillé à ce que la manière de prier soit en harmonie avec la foi chrétienne.

          Mais cette veille attentive n'entraîne pas nécessairement une uniformité. Le souci de la communauté ne doit pas empêcher le respect des différentes cultures. Il faut donc trouver le bon point d'équilibre entre les deux. C'est bien ce que cherche à faire Benoît XVI très conscient qu'à certains moments de le vie de l'église, «aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Église n 'ont pas suffisamment fait pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité. »


          On peut vivre en frères avec des cultures de prière différentes, avec des liturgies diverses mais il faut prendre certaines précautions pour que les différences n'entraînent pas de rupture. La communion doit toujours être plus forte que les différences culturelles. La partie n'est jamais gagnée.

Claude Picard

 
Événéments et Foi

Hausse de fréquentation
des sanctuaires français


      120 sanctuaires de Franceont accueilli 43 millions de visiteurs en 2006 (1 million de plus qu'en 2005). Cet essor se confirme cette année : Lourdes a accueilli plus de 300 000 fidèles pour la fête de l’Assomption de Marie. Le 26 juillet, 20 000 visiteurs, pèlerins et touristes, ont assisté à la messe pour la Sainte-Anne à Auray. Au Puy en Velay, depuis 1999, le nombre de personnes qui assistent à la messe destinée aux pèlerins en route pour Saint-Jacques est en hausse de 20% chaque année. Le nombre de marcheurs étant stable, il s’agit donc bien d’une hausse de la pratique religieuse. A Lisieux, il y a eu 10 000 pèlerins de plus depuis janvier par rapport à l’an dernier..
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Calabre : l'Eglise
contre la « Mafia » locale

      Depuis quelques années, prêtres et religieuses du diocèse de Locri, en Calabre (sud de l'Italie) ont formé une équipe de quelque 80 personnes pour lutter contre la « globalisation du mal ». L'équipe se veut concrète et multiplie les initiatives de proximité. Un centre de formation sociopolitique a été créé pour faire naître une nouvelle classe dirigeante, capable de rompre avec le système du clientélisme ou de l'assistanat. De même, en soutenant le développement de coopératives agricoles, Mgr Bregantini veut créer de vrais emplois qui permettent de ne pas tomber dans le piège de la « mafia » locale.

Caroline Aigle, héroïque jusqu'au bout


       C’était une femme pilote de chasse. C’était…car elle est décédée au milieu du mois d’août à 34 ans atteinte d’un cancer foudroyant. Elle avait un rayonnement exceptionnel. L’annonce de son décès a suscité une émotion considérable à un point tel que l’Armée de l’air a du ouvrir un « blog » pour recueillir les témoignages de ceux qui l’ont connu. Plus de deux mille messages ont déjà été enregistrés. Elle était une catholique fervente. C’est alors qu’elle était enceinte que le cancer s’est déclaré. Elle a alors choisi d’attendre de pouvoir accoucher prématurément avant d’entreprendre un traitement :"Jene peux pas arrêter la vie d'un être que j’ai porté pendant cinq mois...il a droit à ses chances comme moi".  L'enfant est né début août par césarienne après cinq mois et demi de grossesse, 18 jours avant le décès de la jeune femme. Avant de quitter ce monde elle a pu voir son bébé plusieurs fois et le porter sur elle.
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Grande-Bretagne :
feu vert pour les «chimères»


       La Grande-Bretagne est devenue, le 5 septembre, le premier pays au monde à autoriser officiellement, certes en l'encadrant, la création in vitro d'embryons "chimères" issus de l'intégration d'ADN humain dans des ovules d'animaux. Cette décision vise à pallier le manque d'ovocytes humains destinés au clonage d'embryons à des fins thérapeutiques.  Ce feu vert accordé  a,  avec une virulence sans précédent, déclenché une série de condamnations émanant des milieux catholiques. Mgr Elio Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la vie, s'est insurgé : "C'est un acte monstrueux dirigé contre la dignité humaine. Il est nécessaire que la communauté scientifique se mobilise le plus rapidement possible. »

Malades en état végétatif.


       La congrégation pour la doctrine de la foi explique qu'il n'est pas acceptable que l'on cesse de nourrir des patients en état végétatif. Le texte est très nuancé,et distingue soigneusement ce qui est de l'ordre du maintien normal de « conservation de la vie » (alimentation) de ce qui est de l'ordre de 1' «acharnement thérapeutique» que l'Eglise rejette. «Un homme...est et sera toujours un homme, et ne deviendra jamais un végétal ou un animal ». Un texte à lire avec attention pour éviter les simplifications polémiques.
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Pétition pour le dimanche chômé


       La CFTC appelle à signer sa pétition contre le travail du dimanche, estimant que le repos dominical, au delà du temps de repos, juste et nécessaire, est un élément fondamental de la vie familiale, sportive, culturelle, associative, voire spirituelle.
       On se souvient en effet que le nouveau président de la République, dans sa lettre de mission au ministre de l’Economie, lui a demandé de travailler sur «  l’autorisation du travail le dimanche pour les salariés volontaires ».

Une cathédrale pour le Kosovo


La construction d'une cathédrale catholique a débuté début septembre à Pristina. 60 000 catholiques vivent au Kosovo, le reste de la population (90 %) est de religion musulmane. "Il est nécessaire que cette cathédrale soit construite aussi vite que possible pour représenter nos valeurs, notre identité et nos sentiments vis-à-vis des religions" a souligné le président kosovar Fatmir Sejdiu, musulman.

Région des Grands lacs :
toujours des déplacés

       La communauté humanitaire (ONG et agences de l'ONU) sont très inquiètes après la reprise des combats dans le Nord-Kivu. A nouveau, plus de 50 000 personnes ont dû fuir leurs villages pour échapper aux affrontements. Trois camps ont été installés à Mugunga. Dans la zone reprise, les troupes de l'ONU ont découvert trois fosses communes.
        L'UNICEF a aussi dénoncé le recrutement d'au moins 54 enfants-soldats. Selon le responsable du programme alimentaire pour la République démocratique du Congo, « l'urgence humanitaire pourrait devenir rapidement hors de contrôle ». Une désespérante impression de revivre encore les mêmes dérives !

 

 

Événement exceptionnel
dans le diocèse

Le Père Louis Maupou
dit adieu à ses paroisses

        Le dimanche 16 septembre, à Ouzouer le Marché le chanoine Louis Maupou faisait ses adieux à ses paroisses. De la fin juin à la mi-septembre, c’est assez classique, même si c’est toujours émouvant. Alors pourquoi parler d’événement exceptionnel ?

        Bien sûr on peut invoquer l’âge du curé : 96 ans, bientôt 97. C’est effectivement très exceptionnel. On peut invoquer la durée du service assuré dans cette paroisse : 24 ans. Même si c’est moins exceptionnel.

Le fruit savoureux d’une longue vie commune

        Mais c’est autre chose qui a été exceptionnel : ce qui a été exceptionnel, c’est l’amitié attentive d’une communauté chrétienne vigoureuse, rassemblée avec des amis venus de toute part. Ce qui était exceptionnel, en ces temps de disette spirituelle, c’était l’impression de goûter le fruit savoureux d’une longue vie commune où personne n’était oublié, ni les enfants qui avaient été baptisés, ni les couples qui avaient été mariés, ni les malades qui avaient été visités, ni les familles en deuil qui avaient été consolées, ni les animateurs qui avaient été encouragés, ni les distributeurs de Notre Vie qui avaient persévéré.

           

        La chorale soutenait l’émotion comme elle donnait une partie de sa beauté à la liturgie célébrée. Les lectures étaient distillées, l’accueil était chaleureux, l’homélie était amicale et riche. Oui, « chrétien avec vous, prêtre pour vous » ce n’était pas un programme, c’était un résumé. Ultime touche de réserve respectueuse : personne n’a applaudi. Les mains devaient démanger à beaucoup mais il arrive que les très grandes richesses soient très discrètes……ou bien fallait il garder des réserves pour le verre de l’amitié. Exceptionnel ! 

 

Claude Picard

 
 


Je crois en la Trinité

       Pauvres chrétiens qui ont été obligés d’inventer le mot de Trinité pour parler de leur Dieu. Le Fils leur a parlé du Père, dont il est l’image, le Père et le Fils ont envoyé leur Esprit. La vie humaine est comme happée par cette immense spirale. Devenir fils avec le Fils pour entrer dans ce mouvement. Ou d’une manière plus simple : entrer dans cet échange de regard. Le regard de l’époux pour son épouse, du père ou de la mère pour leur enfant, le regard d’une amitié partagée, ces regard qui nous font vivre, ne sont que des esquisses.
       Une image célèbre « l'icône de Roublev » (publiée avec l’éditorial du mois de septembre) nous donne bien cette impression. Les trois personnages se regardent et semblent se dire l’un à l‘autre : « Je vou­drais mon Père », dit le fils, « que tu sois de plus en plus mon Père ». Et le Père dit à son Fils: « Je voudrais que tu sois de plus en plus mon Fils ». Et à l'Esprit: «Que tu sois de plus en plus mon Esprit». Et ils s'inclinent l'un devant l'autre en disant: « Que veux-tu que je fasse pour toi? » estimant toujours l'autre plus grand que soi.
        Tel est notre Dieu. Pour bien cadrer tout cela, pour qu’il n y’ait pas de dérives dangereuses de cette précieuse image, des hommes se sont donnés bien du mal pour trouver les mots justes : « un seul Dieu, trois personnes, une même nature » et on a résumé en disant « Dieu est Trinité ». Mais que me fait le mot si je ne perçois pas les regards qui s’échangent ?

C.P.

  Jésus à Zachée :
«Descends, je viens chez toi…»


Évangile du dimanche 4 novembre – St Luc 19, 1-10

       Zachée cumule, aux yeux de ses contemporains deux handicaps : L’un, physique, l’empêche de voir la scène décrite par l’évangéliste : il est de petite taille ! Le second, dans la société de l’époque est plus grave encore : c’est un pécheur, car il est collecteur d’impôts au profit de l’occupant romain. Il est même leur chef.
       Pour compenser sa petite taille, Zachée cherche à s’élever pour voir passer Jésus en montant sur un grand arbre, un sycomore.
       Lorsqu’il passe à coté de lui, Jésus l’interpelle, lui enjoignant de descendre de son arbre : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. » 
       Récriminations des assistants contre Jésus : « Il est allé loger chez un pécheur ! »
       Mais Zachée répond à l’appel de Jésus et entame aussitôt une démarche de conversion : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
       Jésus tire alors la conclusion de cette histoire en rétablissant Zachée comme fils d’Abraham et en annonçant que « le Fils de l'homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »
       N’y a-t-il pas en chacun de nous quelque petitesse ou quelque péché qui rendraient nécessaire une telle conversion ? Y sommes-nous prêts ?

Michel Gamby

 
 

L’évêque de Blois écrit à ses diocésains

Le 13 septembre, Mgr de Germiny a répondu  aux catholiques du Loir et Cher qui , à sa demande,  lui avaient écrit pour lui dire ce qu’ils pensaient du « motu proprio » de Benoît XVI sur l’usage de la liturgie. Voici les quatre points essentiels de sa réponse :

…/…                                     
         1/ Que l’Esprit Saint éclaire les prêtres qui auraient à recevoir des demandes pour célébrer la messe selon le missel du Bienheureux. Jean XXIII ou utiliser le rituel ancien pour l’administration des sacrements du baptême, du mariage, de la pénitence et de l’onction des malades. Pour un tel discernement, j’invite une fois encore les ministres ordonnés et les fidèles à relire les pages lumineuses de Jean-Paul II sur la spiritualité de Communion, écrites dans la lettre apostolique Novo millenio ineunte, par. 43, 44, 45.
         2/ À ma connaissance, il n’existe pas dans le diocèse de Blois de groupe stable de fidèles désireux de reprendre l’usage de la Liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. En conséquence, je ne nomme aucun prêtre pour célébrer la messe et les sacrements selon le missel de 1962 et les rituels anciens dans une église ou chapelle du diocèse.
         3/ Le chant grégorien et les hymnes latines constituent un patrimoine splendide propre à nourrir la foi et la prière. Qu’il continue à être transmis à bon escient comme cela se fait à la cathédrale, dans les paroisses confiées aux communautés Saint-Martin et Saint-Thomas Becket et à l’abbaye Saint-Georges des Bois.
         4/ À l’occasion du Motu proprio, je conseille aux prêtres, diacres et aux fidèles de redécouvrir les richesses et les exigences contenues dans la constitution Sacrosanctum concilium sur la liturgie, de relire la Présentation générale du missel romain et de savourer l’exhortation de Benoît XVI sur l’eucharistie Sacramentum caritatis.

En conclusion de sa lettre Mgr de Germiny reprend une phrase de Benoît XVI présentant aux évêques de France le motu proprio : « L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture ».

 
 
 
 
 

Les "JARDINS OUVRIERS"


        Ils sont installés en dehors de nos villes. Côte à côte, les parcelles exposent leurs productions saisonnières. On y vient en famille, on y pique-nique. Chacun y a installé son abri à outils. Cela ne manque pas de fantaisie. Sur celle-ci, chèvrefeuille et autres plantes grimpantes occupent la toiture. Dans cette autre parcelle, des fûts métalliques empilés forment une tour coiffée d’un toit conique, peinte en rouge et blanc lui donnant un petit côté féodal.

        Ici, on a déjà récolté les pommes de terre. Là, d’énormes citrouilles attirent l’œil. Ailleurs, des salades ont été repiquées, des rangs de haricots-rame forment des murs végétaux. Et partout bonne place est faite aux fleurs innombrables qui égaient de leurs couleurs les abords. Au milieu de tout cela quelques arbres fruitiers. Les pruniers ont été déjà donné, bientôt les pêches seront bonnes.
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        On y vient à pied, à bicyclette, ou même en voiture .On commente les récoltes, on se donne des plants ou des graines de semence, on se prête quelque outil. Il y a des trésors utiles dans ces cabanes ! On y trouve bien sûr la bêche ou le rateau, le croc ou la cisaille, on y range aussi la brouette. Mais on y accumule aussi des cageots, du fil de fer, de la ficelle, des morceaux de planches etc…

        Il y a quelque chose d’unique en ces endroits. On y retrouve le sens des saisons, la patience de la nature au travail. Il s’y vit une convivialité si rare dans nos cités. Cela rassemble les hommes. Et on y joint l’utile à l’agréable : légumes et fruits seront les bienvenus à la table familiale, et on partage volontiers avec les voisins ces produits que l’on veut sains : « Au moins on sait ce qu’on mange ! »

   

Un fondateur : l’ abbé Lemire

        Né en 1853 dans le Nord, l’abbé Lemire est à l’origine de ces « Jardins ouvriers » devenus plus tard les « Jardins familiaux ».En 1896 , il fonde la « Ligue du coin de terre et du foyer » et invente le terme de « Jardin ouvrier ».  Venus de la région du Nord, ces jardins se créent bientôt autour de Paris, où on en compte 1515 en 1913.On estime qu’il y en a aujourd’hui 150 000 en France (en 1945, 700 000 !).
        L’abbé Lemire s’inscrivait dans un courant porteur . C’est son action législative qui donne aux « Jardins » toute leur dimension. Elu député de Hazebrouck en 1893, il est réélu jusqu’à sa mort en 1928. A ce titre il a part à de nombreuses réformes et notamment celle du repos hebdomadaire du dimanche et de la réglementation du travail des femmes et des enfants etc…

Et aujourd’hui

        En 1921, la Ligue française devient « Fédération des jardins familiaux ». Un journal, le « Jardin ouvrier de France » paraît en 1933.  En 1952, la loi sur les Jardins familiaux prévoit notamment l’exonération de l’impôt foncier.  En 1976, une loi prévoit la création et la protection des jardins familiaux grâce notamment au droit de préemption des SAFER et des communes.  En 1993, une charte nationale est signée avec le ministère de l’environnement. Les « Jardins ouvriers » sont alors devenus une véritable institution.

 

Claude Beaulande

 
 

Nouveaux carrefours
pour une recherche d'absolu

 

        Internet, le téléphone avec ou sans fil et le bouche à oreille, sont autant de moyens pour mettre en rapport des individus de sensibilités diverses. Echanger des idées dans des groupes de réflexion, collectionner des voitures ou tout autre objet insolite,  faire du troc dans les vides greniers, amène les personnes à se rencontrer de façon ouverte. On se reconnaît à une couleur, celle d’une équipe, on fabrique un logo : on se définit comme faisant partie d’un groupe et on l’affiche

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Pourquoi cette boulimie de rassemblements ?

        Le franc succès de la fête des voisins rassemble  des individus de toutes provenances et, chose curieuse, on découvre tout d’un coup les richesses de chacun…Dans ce lotissement où on ne colle pas l’oreille à la cloison du voisin, on apprend qu’untel chante merveilleusement et on savoure cette voix à la lueur des torches en cette nuit de la St jean

        Quand les propriétaires des animaux de compagnie se croisent, ils entament souvent le dialogue à propos de leurs compagnons et ensuite ils avouent : «  sans Pilka, je n’aurais jamais su que vous existiez. Quand je rentre chez moi, je ne sais jamais qui vit à côté sauf quand le voisin fait du bruit…Alors, je carillonne à sa porte !!! »
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        Les chemins de randonnées et les pistes cyclables sont de plus en plus fréquentées. Nos contemporains ont enfin compris que la santé ne va pas sans exercice physique. C’est l’occasion d’un sourire et de quelques mots « courage, ce qui vous attend au bout du chemin vaut un dernier effort ». Un autre monde plus fraternel et moins emprunté se créé lors des loisirs. On « supporte » des équipes de foot et de rugby avec le béret ou l’écharpe de circonstance…Quand la vague déferlante de la « Ola » ondoie sur le public d’un stade chauffé à blanc, on vit l’événement avec ses tripes, même si on rentre terriblement déçus après la défaite…
        De plus en plus, on tente de couper court à la solitude. Dans les clubs du 3ème âge, on attend avec impatience le mardi pour pouvoir taper la belote et prendre un café C’est un lieu où l’on pourra échanger entre semblables, dialoguer car on est peut-être seul le reste du temps

 

        Prendre un café à Blois et en même temps compulser des ouvrages de littérature oubliée, échanger des propos autour de cette table ronde avec d’autres consommateurs, est une belle idée
        Les réunions de préparation au baptême ou au mariage religieux, sont autant d’échanges qui font se confronter des personnes d’horizons différents. Souvent les couples rassemblés par hasard pour telle circonstance, restent en relation.
Rechercher ses racines avec acharnement, expliquer enfin telle ressemblance avec l’aïeul, se mettre à plusieurs pour compulser les archives dans les mairies et trouver la réponse qui fera se dire : finalement tu es ma cousine éloignée, mais je comprends pourquoi nous avons le même caractère…
        Rouvrir un commerce avec la notion de service aux plus anciens dans un village touché par l‘exode rural, un sacré défit à l’heure où on ne parle plus que de profit…
         Sur Internet, les passionnés de forums créent des blogs. Après la douloureuse expérience de la maladie, on fera part de ses réflexions ou au retour d’un voyage, on donnera ses impressions sur telle destination lointaine. Le blog  accessible à tous, rend possible l’échange des idées de tous bords. C’est une nouveauté car jusqu’à présent, on n’avait pas l’habitude de donner le fond de sa pensée à n’importe qui.

 

        De nouveaux lieux de rencontre naissent ici et là. Il semble que les individus aient une envie de plus en plus innovante de se rassembler. Des valeurs rangées au placard sont en train de surgir de l’oubli.

Gaby Leymarie

 
 

L'INTERGÉNÉRATIONNEL et l'INTERNET

        En juillet 2006 il y avait en France
17 685 384 internautes à leur domicile. Selon un sondage Ipsos de 2005, 22% des ceux-ci étaient des seniors soit : 3 890 785, pratiquement un quart des familiers de l'écran et du clavier ! C'est dans la normalité : les anciens ont le temps et les jeunes, eux, bénéficient d'une initiation au cours de leur scolarité.
        La quasi majorité des seniors qui s'initie à l’internet dans les clubs informatiques le font avec, en arrière pensée, celle de pouvoir correspondre avec enfants et petits enfants.
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        II y a devant l'écran une magie qui s'opère : magie de la proximité et magie de l'instantanéité. Que dire depuis l'arrivée des mini-caméras, les « webcam », et des liaisons phoniques directes ! L'un des « élèves » le disait récemment : « Mon fils fait en ce moment le tour du monde avec sa compagne. Grâce à son site 'perso ', et aux cours que je prends au club je peux suivre jour après jour leur périple et correspondre avec eux. » Pour la petite histoire, l'équipée des deux jeunes se termina par un mariage à l'arrivée !

Le mot « blog » commençait alors à se vulgariser. C'est un journal personnel tenu au jour le jour, voire épisodiquement, pour faire état de ses impressions et activités. Il est très prisé en ce moment par nos hommes - et femmes- politiques et il a tenu une place non négligeable lors de la dernière élection présidentielle !
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        Pour l’exemple voici l’intitulé du blog de Julie (72 ans) : «II y a de la vie après 70 ans ». Il a pour sous-titre : « expérimenter, communiquer et tâcher de vivre pleinement après 70 ans. » Elle a mis en ligne « le Journal de Sidonie », un devoir de mémoire envers sa grand-mère, juive et déportée pendant la guerre. Sidonie commença à écrire ses mémoires à 60 ans. Elle était née en juillet 1884. L'original du manuscrit est déposé au Musée de l'Holocauste en Israël, Julie l'a fait traduire du hongrois et l'a mis en ligne.
        Consciente de la fracture existante entre les aînés et les jeunes générations, une société s’est lancée dans la formation des plus de 60 ans. La FNAC a fait la même chose. Plus fort encore, il existe même un logiciel, « Familymail », qui s'adresse à tous ceux qui veulent rester en contact par e-mails avec leurs proches et qui sont nuls en informatique. Parmi eux se trouvent de très nombreux seniors qui souhaitent améliorer leur communication avec leurs enfants et petits-enfants. Point besoin de souris, le clavier seul suffît : dès l'installation du programme, l'utilisateur communique automatiquement par e-mails. Il suffit d'allumer l'ordinateur et la "magie" s'opère !

Sylvain de la Tourrasse

 

 
 

 

VOISINS, VOISINAGE

 

        Au motif que les enfants sont épars dans l’hexagone et les petits-enfants sur les quatre continents…, et si les octogénaires n’ont pas eu le génie de prendre en marche l’informatique, internet et les courriels, bien commodes il est vrai, ils sont coupés des leurs. Alors voisins et voisinage… c’est dans l’air.

        Cependant, les voisins n’ont pas toujours bonne réputation : chaque village montre ces familles en bisbille à cause d’un mur mitoyen. Le sujet de la discorde est perdu, mais la dispute demeure actuelle. Témoin ce dessin humoristique paru dans le journal il y a quelques semaines : deux personnes de part et d’autre d’une grosse pierre… « cinq centimètres…à droite ou à gauche ? » L’enjeu est de taille, nous en rions, comme la réputation de bavardage qui poursuit les bonnes femmes.
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       Dans ma rue, en d’autres temps, la première qui avait filtré son café, se mettait à sa fenêtre et hélait la passante. En une demi-heure on décortiquait l’histoire de chacun, mise à jour, car l’isolation sonore n’avait pas été le souci du constructeur des maisons, imbriquées les une dans les autres. L’invitée, rentrée chez elle, faisait à sont tour le café et invitait la première. Et ainsi de proche en proche… Ah ! Le bon temps !
        C’est fini : on ne connaît pas son voisin de palier. Si on le croise dans l’escalier, ou sur le trottoir, il devient l’homme invisible. Il faut réagir, ressusciter sans remords les vieux usages, sortir une chaise devant sa porte les soirs d’été pour goûter le « serein » :   scène idyllique !

 

        Dans le voisinage, il n’y avait pas que cet aspect. Chacun connaissait ses devoirs. Arroser le géraniums pendant une absence, nourrir chien et chat, rapporter le pain, mais surtout veiller sur la voisine vieillie . Pourquoi les volets ne sont-ils pas ouverts ce matin ? Serait-elle malade, tombée du lit, morte ? Entre bons voisins on se confie les clés. Allons constater que tout va bien ou, au contraire, appeler médecin et pompiers.

        Avoir de bons voisins, être soi-même un bon voisin, c’est sécurisant. C’est quelque part une assurance-vie. Il y a urgence à cultiver le bon esprit de voisinage. Se remettre les pieds sur terre quand on a la tête farcie d’images de synthèse, de tous ces mensonges que nous distillent les médias : toutes les couleurs y sont chatoyantes, les filles sont belles, le miracle permanent !  Le voisin, lui, ne nous trompe pas. Il peut être comme nous mal habillé, moche, sa vie est bien ordinaire, il a ses soucis, comme nous. Mais il peut être aimable, chaleureux. Et sa rencontre, un bon moment dans la journée. Vive les voisins !  

M L Raulin

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Concert  de  musique  ancienne
Festival d'orgue à l'église Saint Pierre de Blois
Eglise Saint Pierre, 76 rue de Cabochon - 41OOO Blois
Organisation :
Association  Saint Pierre 02 54 43 81 12

Dimanche 14 octobre  à 16 h OO
Répertoire de musique baroque : Hassler, Pretorius, Sweelinck, Buxtehude, J.-S. Bach... Aude Heurtematte organiste en l'église des Billettes à Paris

ÉCHOS
 
Pèlerinages diocésains 2008


Tamanrasset :
20 au 27 janvier (complet sauf désistement) : Sur les pas du père de Foucauld (suppose une assez bonne forme physique).

Lourdes :
samedi 9 - mardi 12 février (en car) : (150e anniversaire de la première apparition)
Mardi 8 - dimanche 13 juillet, dio­césain (en train) : (150e anniversaire des apparitions).

Malte :
lundi 10 - samedi 15 mars.

Roumanie :
mercredi 9 - jeudi 17 avril : En province (Chartres-Tours-Bourges-Orléans-Blois).

Irlande :
vendredi 2 - vendredi 9 mai : (avec Tours).

Rome-Assise :
jeudi 18 au jeudi 25 septembre : En province (Chartres-Tours-Bourges-Orléans-Blois).

Service diocésain des pélerinages :  
Maison diocésaine, 1, rue J.-de-Berry, 41000 Blois,
Tél/Fax/Rép. 02.54.57.26.48
Directeur Michel Lemaire,
Tél/Fax/Rép. 02.54.78.63.19 ou 06.81.54.05.69.
Une demande de renseignements n'engage que celui qui la reçoit.

Les cafés historiques en région

BLOIS les 18, 19, 20 et 21 octobre :
La 10e édition des Rendez-vous de l’histoire : « L’OPINION. Information, rumeur, propagande. »

Salon du livre d’histoire, débats, conférences, cafés et dîners historiques, cycle cinéma, expositions, spectacles, « rendez-vous » hors les murs, rencontres pédagogiques.
Tout le programme : www.rdv-histoire.com

Organisateur : Centre Européen de Promotion de l’Histoire, 3, quai Abbé Grégoire
41000 Blois. Contact :
Florence Baraniak / 02 54 56 84 27 -
www.cafeshistoriques.com